Mouscron : Le Tuquet, ce quartier en mal de vivre

0 commentaire

Il y a quelques semaines, la boulangerie Decruyenaere, installée il y a plus de 23 ans sur la place du Tuquet, baissait le rideau de fer. L’échoppe n’est pas un cas isolé. Depuis plusieurs années les petits commerçants ferment à tour de rôle dans ce quartier, qui jadis, a connu l’effervescence. Ambiance.  
 
Sur la placette dominée par l’église Sainte-Famille, où la quiétude s’entremêle à la convivialité, on observe une vie de quartier d’antan. Ce midi-là, des enfants ont pris leurs quartiers dans le parc à jeux, tandis que, dans les troquets, des habitués lancent des rires emportés jusque dehors. Le quartier a conservé sa bienveillance populaire, mais « il manque quelque chose ». La boulangerie voisine vient de tirer sa révérence après plus de 23 ans de bons et loyaux services. La seule qui, jusqu’il y a trois semaines, avait réussi à tenir dans le quartier. Car il y a plus de dix ans, la place était cernée par les commerces. «Nous étions plusieurs quand je me suis installé. Il fallait voir, il y avait de la vie», nous confiait Philippe Decruyenaere, ancien gérant de la boulangerie. Tour à tour, les échoppes ont mis la clef sous la porte. Certaines pour raisons personnelles, d’autres, aspirées par les économies d’échelle de la grande distribution. « Les gens se dirigent vers les grandes surfaces. On vendait moins de pains qu’au début », déplorait-il au lendemain de sa fermeture.
 
« Y’a plus rien »
 
Impitoyable, le tsunami de la grande distribution a arraché sur son passage, un peu de la vie du Tuquet. Au Potron-Jaquet, l’un des trois cafés de la rue, entre deux mousses blondes, on brosse le portrait inquiétant d’un quartier qui s’époumone. « Y’a plus rien ici. Tout ferme ! », lâche un habitué. Un peu plus loin, Christophe, animateur à la maison de quartier, détaille la situation. « Il y a encore quelques années, il y avait plein de commerces ici. J’ai connu plusieurs boulangeries, une boucherie, une épicerie, un libraire, un fleuriste… C’était beaucoup plus vivant qu’aujourd’hui. On manque cruellement de petits commerces », concède-t-il. Dans le bistrot d’à côté, habitué ou pas, on ironise : « De toute façon il n’y a plus que des bars ici, il y en a un quatrième qui va s’ouvrir un peu plus loin. Quel est l’intérêt, il y en a déjà plein ? », souligne un autre, Bertrand.
 
« Le pire c’est pour les personnes âges »
 
Mais, le tableau n’est pas tout noir. À quelques encablures, une supérette propose encore les produits de première nécessité : « Heureusement qu’elle est là, comment feraient les personnes âgées sinon pour faire leurs courses ? Ce sont elles qui sont le plus impactées par la situation », reprend Bertrand.
Car ce qui manque le plus ce sont les commerces de bouche, créateurs de lien social : « Ce sont des lieux où les gens aiment aller pour se voir, pour discuter, juste pour sortir de chez eux. C’est important et on l’a perdu ».
 
source : article C.W. Nord Eclair

Les commentaires sont fermés.