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  • Ancêtres : Lacroix veut identifier les « profiteurs »

    Le ministre wallon va traquer ceux qui utilisent leur ancêtre comme un véhicule ordinaire 

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    La législation sur les véhicules anciens vient de changer au 1er janvier, portant l’âge et la taxation préférentielle de ceux-ci à 30 ans. Mais le ministre wallon du Budget, Christophe Lacroix, veut désormais aussi assurer une différence de traitement financier entre les vrais passionnés, qui sortent leur bijou à l’occasion, et ceux qui l’utilisent au quotidien pour profiter des avantages taxatoires du système.  

    Depuis le 1er janvier 2016, le régime fiscal des ancêtres a changé.
    Jusque-là, les véhicules de plus de 25 ans bénéficiaient d’une taxe de circulation réduite.
    Mais l’Europe souhaitait harmoniser le système en limitant, au plus tard en mai 2017, cet avantage aux véhicules de plus de 30 ans.
    La Région wallonne a anticipé cette directive qui est entrée en vigueur chez nous au 1er janvier 2016, à la grande déception des propriétaires de véhicules âgés de 25 à 29 ans qui sont désormais taxés comme des véhicules neufs avec, parfois, un bon écomalus en plus à la clé.
    Malgré la contestation du secteur, qui n’y voit qu’une manière de gonfler les recettes du budget wallon, le ministre Christophe Lacroix le confirme : il ne reviendra pas en arrière. Mais, au-delà de cette décision, le ministre souhaite traquer ceux qui profitent à leur manière du système.
    « Avant 2013 », explique sa porte-parole, Charlotte Quevedo, « l’utilisation du véhicule ancêtre était limitée. On ne pouvait, par exemple, ni rouler la nuit, ni l’utiliser pour se rendre au travail. »
    Une manière d’éviter que des petits malins ne profitent d’une taxation préférentielle pour utiliser un vieux véhicule au jour le jour.
    Mais en 2013, les conditions se sont assouplies : «Depuis lors », poursuit-elle, « on peut utiliser un ancêtre durant la nuit, mais on ne peut toujours pas s’en servir pour se rendre au boulot. »
    Evidemment, cette interdiction difficilement contrôlable a ouvert une brèche dans la sécurisation du système et, depuis lors, le nombre d’ancêtres enregistrés s’est multiplié !
    Le ministre de Budget souhaite revoir le système au plus vite car il soupçonne qu’un nombre grandissant de citoyens n’utilisent un ancêtre comme un véhicule neuf pour profiter pleinement des avantages financiers : taxe de mise en circulation réduite (61,50€), taxe de circulation annuelle réduite (33€), un contrôle technique unique et très allégé).
    « Nous réfléchissons à la manière de rendre la fiscalité sur les véhicules anciens plus juste », résume Charlotte Quevedo, « pour qu’elle ne pénalise pas les vrais amateurs de véhicules de collection, qui circulent à l’occasion, par rapport aux personnes qui « profitent » du statut d’ancêtre pour circuler au quotidien avec des véhicules très polluants . »
    L’idée est donc de maintenir un statut préférentiel exclusivement pour les vrais passionnés.
    Pour ceux qui ne sortent leur bijou qu’à l’occasion, durant leurs loisirs, puisque la taxation préférentielle n’a évidemment été mise en place que dans cet objectif-là.
     

    Contrôle technique pour 2017

    Jusqu’ici, le contrôle technique des ancêtres était limité à sa plus simple expression : on en faisait un et un seul, et encore : limité à un contrôle « visuel » des freins, précise-t-on. Une fois l’immatriculation ancêtre obtenue, c’était fini. Invraisemblable : on ne contrôle même pas l’éclairage alors que les ancêtres peuvent rouler la nuit depuis 2013… C’était évidemment tout profit pour ceux utilisant leur ancêtre au quotidien ! Mais ceci aussi va être revu : « Nous réfléchissons à la mise en place d’un contrôle technique plus complet et périodique pour les ancêtres », précise Audrey Jacquier, porte-parole du ministre wallon de la Mobilité, Maxime Prévot (cdH). « Il devrait entrer en vigueur dès 2017. Le délai entre les contrôles sera sans doute supérieur à un an, donc moins contraignant que pour le véhicule ordinaire, mais il n’a pas encore été arrêté. »

     
    source : article MICHEL ROYER sudpresse