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Etaimpuis : Alyssia, une femme au sacré coup de “pâte”

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Travailler pendant que tout le monde dort, dans un milieu où les équipes sont en majorité composées d’hommes, la vie de boulanger-pâtissier n’est pas simple. Ex-majorette, Alyssia, 18 ans, profite de sa dextérité inné pour exercer, avec passion, ce métier qu’elle aime depuis toute petite.  

Dès son plus jeune âge Alyssia Coorevits, originaire d’Estaimpuis, a toujours aimé cuisiner et réaliser des gâteaux de toutes les couleurs et de toutes les formes.  “Ma maman m’aidait et me laissait préparer sous sa surveillance les repas et les gâteaux, j’adorais ça. Mon papa était mon testeur attitré et mon premier jury. A cette époque je ne savais pas encore que j’allais faire de cette passion mon métier. C’est en deuxième secondaire que j’ai pris la décision de poursuivre mes études à l’Itma à Tournai.  Là-bas, j’ai opté pour la section boulangerie-pâtisserie, une formation qui dure cinq ans. Pour mettre toutes les chances de mon côté, j’aimerais faire une année supplémentaire en section traiteur, histoire d’avoir une corde de plus à mon arc.”

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Le métier de boulanger-pâtissier demande aussi quelques sacrifices. On travaille de nuit et aussi les week-ends. Pour Alyssia, l’amour de la profession prime et efface ce type de désagréments. “Quand on aime et qu’on est passionnée, rien n’est difficile. Ici contrairement aux infirmières ou policières, par exemple, peu de patrons engagent du personnel féminin en atelier pour des prestations de nuit. Je me suis rendu compte de la chose lors de ma recherche de stage. J’ai essuyé de nombreux refus et on me faisait gentiment comprendre que la place de la femme est derrière le comptoir à la vente et pas en atelier. J’ai pu me rendre compte de ce que j’avance, car certains de mes collègues masculins qui passaient derrière moi pour le même stage recevaient une réponse positive. Heureusement il y a des exceptions et j’ai trouvé un artisan qui m’a fait confiance. Grâce à lui,  j’ai la chance de pouvoir apprendre mon futur métier et de recevoir de précieux conseils pour m’améliorer. »

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Actuellement, le métier de boulanger-pâtissier est très médiatisé. L’émission « Le meilleur pâtissier » démontre que des passionnés peuvent faire de véritables prouesses pâtissières. De quoi faire rêver Alyssia qui estime toutefois ne pas encore être prête. « Je veux d’abord faire mes preuves à l’école et chez mon patron. J’estime ne pas avoir le niveau, mais ça viendra. Il faut aussi une grosse résistance à la pression et pour pouvoir tenir, il faut être au top. Mais, c’est clair que si j’en ai l’occasion, je tenterai bien ma chance. »

Comme beaucoup de boulanger-pâtissier, Alyssia rêve de pouvoir, un jour, ouvrir son propre magasin. « J’aimerais vraiment me lancer seule, ou avec mon frère qui suit actuellement des études de traiteur. Il y a aussi un de mes plus jeunes frères qui envisage de devenir pâtissier plus tard, il a déjà réalisé son propre livre de recette. Ce serait sympa de pouvoir unir nos forces et monter, ensemble. »

Consciente qu’il lui reste encore du pain sur la planche, Alyssia sait qu’elle va devoir mettre les bouchées doubles pour réussir à s’imposer dans ce milieu à la fois difficile et encore très « macho ». Elle compte donc sur son coup de « pâte » pour démontrer à ceux qui n’ont pas voulu d’elle, pas par manque de talent mais uniquement par ce qu’elle est une femme, qu’ils ont eu tort de ne pas lui avoir accordé sa chance.

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